Harry Potter and the Cursed Child

Samedi dernier, après une harassante journée de travail jusqu’à 19h30 (sans pause, sinon c’est tout de suite moins fun) j’ai eu l’occasion de me rendre à la sortie d’Harry Potter and the cursed Child chez Waterstone à Bruxelles. Ce fut une soirée fantastique, mais là n’est pas le sujet voyez vous… Pensez vous bien que dès que j’ai eu mon exemplaire en main à une heure du mat’, je n’ai pas pu m’empêcher de le commencer (même si je suis tombée de fatigue dix minutes plus tard dans la voiture…)

Ce fut une lecture pour le moins intéressante!

Lire la suite

Publicités

Le Diable et le Bon Dieu – Sartre

Folio, 252 pages, environ 6,50 euros

Le Diable et le Bon Dieu est une pièce de théâtre publiée en 1951 par Jean-Paul Sartre. On y suit les personnages de Gœtz, un bâtard d’une famille noble, Nasty, un boulanger-prophète qui se bat pour renverser la bourgeoisie et améliorer la vie des pauvres, Heinrich, un curé proche des pauvres ainsi que deux personnages féminins d’importance : Catherine et Hilda. La pièce se déroule en Allemagne, au XVI ème siècle lors de la révolte paysanne contre l’Eglise. A portée philosophique, elle tente de répondre à la question “ Le Bien est-il possible ?”.

Avec les pièces de théâtre j’ai toujours du mal à comprendre les relations entre les personnages, je situe difficilement qui est qui. Si le début peut vous sembler ardu, les éléments vont s’assembler peu à peu, pas besoin de préparer une feuille de note pour faire des schémas compliqués, il vous seront vite inutiles. (Vous sentez le vécu dans cette phrase ? Je ne vous donnerai pas tort.)

Bien que se ne soit pas flagrant, ce livre à des aspects assez comiques. Sans pour autant vous faire rire aux éclats, il pourra vous faire sourire. L’écriture est très agréable à lire, très belle sans pour autant être prise de tête, incisive sans être brutal ou trop direct. Et j’aurais vraiment pas aimé me retrouvé dans un débat houleux avec Sartre, il ne manque pas d’inspiration pour les punchlines élégantes.

L’auteur soulève ici beaucoup de questions assez intéressantes. Par exemple le personnage de Nasty évoque la lutte des classes, il désire l’égalité entre tous les hommes, et pour cela seule la lutte armée le permettra. Néanmoins le cours des événements fait qu’il agit peu selon ses principes car la révolte doit attendre sept ans, pour qu’ensuite une ère de Bien puisse s’installer sur la Terre. Oui, bon dans la pièce c’est beaucoup plus naturel, et moins perché mais dans le fond c’est ça. Si on occulte la partie religieuse ça ne vous fait pas penser à certaines branches du communisme par hasard ?

Il y a également une forte critique de l’Eglise : d’abord par le personnage de l’Eveque, puis par les vendeurs d’indulgence, la création du village parfait (vous voyez les sectes avec un gourou et tout le monde qui est content ? C’est exactement ça dans la pièce) et par la plupart des réflexions sur le Bien et le Mal où Dieu est omniprésent. Et il en prend pour son grade.

Les changements d’états d’esprit et les désillusions de Gœtz sont tout l’intérêt de la pièce. Mieux vaut être craint en faisant le Mal ou aimé en faisait le Bien ? Peut on même ne pas être aimé en faisait le bien ? C’est un personnage que j’ai trouvé excellent par sa psychologie, même si ses actes changent radicalement dans les trois actes, son but reste le même : être spécial au point d’attirer l’attention du Ciel.

Qu’importe d’ailleurs : monstre ou saint, je m’en foutais, je voulais être inhumain.

Parlons du sujet qui fâche : les personnages féminins. Dans le premier acte, où Gœtz est le pire salopard, pas moyen de le dire autrement, il traîne Catherine plus bas que terre, il la viole, l’humilie, et manque de peu de la marier de force après que toute l’armée lui soit passé dessus. Et dans le deuxième acte elle meurt de chagrin d’amour. Mais de qui pouvait-elle donc être amoureuse ? De Gœtz. Oui, oui, vraiment. Alors non, ça ne passe pas avec moi. Glamouriser (ce mot ne colle pas vraiment à Sartre mais vous saisissez l’idée) contribue à la culpabilisation des victimes et à la culture du viol. Mais je vous laisse cet article de Madmoizelle qui vous expliquera ça plus longuement et sûrement mieux que moi si le sujet vous intéresse. http://www.madmoizelle.com/je-veux-comprendre-culture-du-viol-123377

En ce qui concerne Hilda je n’ai pas du tout compris le retournement de situation. A ses yeux Gœtz l’a violé pendant cinq nuits, bon ok c’était un rêve mais si c’est comme ça qu’elle l’a ressentie ça à quand même une certaine importance psychologique, il lui a prit le peu qu’elle avait, c’est à dire l’amour des autres paysans. Et devinez quoi ? Elle en tombe amoureuse ! Soit les femmes me sont devenues une espèce étrange et mystérieuse soit Sartre a un peu déconné pour le coup. On est d’accord que les idées féministes en 1951 n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui mais là c’est plus une question de bon sens que de point de vue. De plus le fait qu’elles tombent amoureuses n’apporte absolument rien à la pièce.

La fin et la morale sont parfaites à mon sens, je regrette simplement une dernière phrase plus mémorable et grandiose.

Malgré mon problème de personnages féminins j’ai adoré ma lecture. Un classique qui reste abordable à découvrir somme toute !

Je vous laisse ici les citations qui m’ont plu !

Une victoire racontée en détail, on ne sait plus ce qui la distingue d’une défaite.

Vous êtes tous les mêmes, vous les réalistes : quand vous ne savez plus que dire, c’est le langage des idéalistes que vous empruntez.

Quelquefois, j’imagine l’Enfer comme un désert qui n’attend que moi.

Parce qu’il suffit qu’un seul homme en haïsse un autre pour que la haine gagne de proche en proche l’humanité entière.

N’est-ce pas une guerre sainte que celle des esclaves qui veulent devenir des hommes ?

Mais je n’ai pas envie du tout qu’Il me pardonne. La Damnation a ses bons côtés, le tout est de s’y faire. Je m’y suis fait. Je ne suis pas encore en Enfer et j’y ai déjà mes petites habitudes.

Bonne lecture et à la prochaine !

– Carla BlackCat