3 lieux communs littéraires qui m’énervent

Après avoir fini la lecture du Secret de Pembrooke Park il y a quelques jours, je me suis rappelée de cette vidéo de Lemon June qui m’avait énormément fait rire et surtout, m’avait permis de me sentir beaucoup moins seule ! Alors aujourd’hui, j’avais bien envie de moi aussi vous faire un petit top de ces tropes qui m’agacent…

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Carmilla

On pense souvent, à tord, que le premier grand récit de vampire est Dracula (RIP Motivation de lecture des chimères). De un, c’est faux. De deux, la vérité est bien plus compliquée que ça.

Le premier « roman »à paraître est en fait Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu, une nouvelle d’une centaine de page publiée périodiquement dans un magazine littéraire anglais entre 1871 et 1872. Cependant il existait quand même d’autres traces du mythe vampirique, que ce soit dans les légendes, chansons, poésies ou encore dans des traités d’apparition (le fun donc.)

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True Detective

Comme à peu près la moitié de la planète, j’ai vu les animaux Fantastique ce week-end (pour la deuxième fois, ce qui ne m’arrive jamais!). Du coup j’avais fortement envie de vous parler de quelque chose de complètement opposé, vu que je suis incapable de tenir ma lange et que je vais sûrement finir par balancer des spoilers, mais vous verrez, il y a un petit lien!

True detective est une série écrite par Nic Pizzolatto, un écrivain de fictions policières américain, dont chaque saison retrace une histoire indépendante.

Pour ce qui est de la première saison; inspirée par l’oeuvre poétique « Le Roi en Jaune » de Robert Chambers publiée en 1895; on voyage entre deux époques:
1995; une jeune femme est assassinée et son corps est mis en scène, des bois de cerfs sur son crâne et une étrange spirale tatouée sur son dos.
2012; un meurtre similaire a été commis.

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Les inspecteurs Cohle et Hart, ayant enquêté sur le premier meurtre, se retrouvent interrogés par la police, et c’est via cet interrogatoire que les épisodes voyagent entre ces deux périodes.

La manière dont la transition entre 1995 et 2012 est une des choses qui m’a le plus plu! On passe d’un temps à un autre parfois grâce à de simples cuts, parfois des transitions visuelles ou encore des rappels. Le fait que la série ne se contente pas simplement d’un seul procédé aide à ne pas les alourdir, et permet un lien assez fluide.

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J’ai également adoré l’intrigue de cette première saison. J’avoue avoir eu un peu peur après avoir lu le Roi en Jaune, puisqu’il me semblait impossible de faire passer ces nouvelles à l’écran de manière cohérente. J’ai du coup été très agréablement surprise de voir que, bien que la trame n’a absolument rien à voir avec celle de l’oeuvre d’origine, l’ambiance était parfaitement respectée. Il n’est pas en fait ici question d’une adaptation mais d’une inspiration.

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Les personnages ont quant à eux beaucoup plus de défauts que de qualités. Et étrangement c’est ce qui les a rendus humains et ce qui a fait que je les ai appréciés! Bien qu’en toute honnêteté, je les ai trouvé un peu faible et caricaturaux. Un des aspects que j’ai également adoré, c’est l’évolution de la relation entre Hart et Cohle, deux personnages complètements opposés

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Pour ce qui est de la saison deux, on est plongé dans un récit beaucoup plus politique, avec une construction plus complexe, composé de plusieurs intrigues qui s’entremêlent.

L’inspecteur Woodrugh retrouve le corps d’une personne portée disparue. Une équipe composée de lui, de l’inspecteur Velcoro, joué par Colin Farrell (je vous avais dit qu’il y avait un lien!) et la shérif Ani Bezzrides est alors mise sur l’affaire tandis que de loin, Frank Seymon, un entrepreneur qui tente de clôturer ses affaires criminelles, suit l’enquête de près.

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J’ai beaucoup moins accroché à cette seconde saison, tant la trame était, à première vue, inutilement compliquée et j’ai du m’accrocher pour venir à bout des quatre premiers épisodes. Cependant ,une fois ceux ci passés, les intrigues commencent à converger et, tout en prenant place, l’histoire devient de plus en plus fluide.

Ce qui m’a permise de garder le cap, ce sont les personnages. Pas totalement en opposition avec la première saison, on les retrouve ici aussi des passions relativement clichées. Sauf que dans cette saison, le postulat de base est cliché, mais ce qui en est fait est extrêmement intéressant! Je me suis vraiment attachée à eux et voir tout ce qu’ils se prenaient sur la gueule me faisait mal. Voir pleurer, oui.

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Les deux saisons sont vraiment opposées, mais sont toutes deux très intéressantes à leurs niveaux. On voit d’ailleurs très bien, rien qu’en regardant les génériques, les ambiances et les différences de chacune.
La volonté de Nic Pizzolatto de réaliser une série qui colle, non pas à une histoire, mais à un pan entier de la littérature est très originale. On retrouve dans True Detective les codes du roman policier, mais chaque saison possède elle même les caractéristiques de certains types de policiers, ce qui quelque part permet aussi d’élargir le public puisque les fans d’histoires sataniques, vaudou, etc,… et de personnages plus spirituels se retrouveront bien dans la première saison, tandis que les fans d’histoires de mafia, de politique et de jeux de pouvoir à la House of Cards apprécieront plus la seconde.

Ce n’est pas étonnant que, grâce à tout ça, je trépigne d’impatience de voir ce que la saison trois nous réserve…

Adekan de Tsukiji Nao

 

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Shirô, un fabricant de parapluie et ancien maître d’arme de l’ombre, rencontre Kôjirô, un lieutenant de police au sang chaud et amoureux de justice, dans un univers fantastique où l’extraordinaire surpasse bien souvent la raison. Ils se retrouvent tous les deux confrontés à une série d’incidents rocambolesques et paranormaux dans les bas-quartiers de leur ville…

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10 bonnes raisons de lire Carry On de Rainbow Rowell

Pour faire suite à l’article de notre très chère Carla, j’ai voulu vous présenter aujourd’hui 10 bonnes raisons de lire Carry on, la pseudo suite qui n’en est pas une de Fangirl.
Ce livre a pour moi été un véritable coup de coeur, presque plus que Fangirl, c’est vous dire! Lire la suite

Petite histoire non charcutée d’Achille et Patrocle

Cette semaine et celle d’avant, certains d’entre vous ont probablement repris le chemin de l’école. Quel merveilleux moment pour vous montrer que vos profs de latins et d’histoire antique se foutent légèrement de votre gueule !

Et oui mes petits choux fleurs, l’hétéronormativité s’est inséré même dans une époque où les mecs portaient des jupettes ! Alors attachez vos ceintures parce qu’on va replonger au cœur d’un mythe connu de tous dont cependant un GROS détail semble échapper à 99% des professeurs qui sont censés vous l’expliquer :

Achille et la guerre de Troie !

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Ernst Herter, statue d’Achille le grec, Corfu

Ou plus précisément Achille et Patrocle, son « cousin », « meilleur ami » ou « compagnon très proche » selon le niveau de mauvaise foi de votre instituteur.

Mais avant de vous raconter cette magnifique histoire très très homosexuelle, il faut garder en tête que Achilles et Patrocle ainsi que toute leur joyeuse bande n’est pas une création Homérique. Et je me dois aussi de d’abord vous expliquer deux termes qui ont une importance capitale dans le débat suivant :

Eraste et Eromène.

La sexualité antique était quelque peut différente de la notre voyez vous, et chez les grecs, quand un professeur couchait avec un élève, on appelait ça de la pédérastie.
Par dérivé et pour faire très simplifié, toujours chez les grecs bien que ces termes soient toujours utilisés par quelques pètes culs (pardon pour le jeu de mot) bobo nouveaux riches banlieusards, un éraste est un homme plus âgé ayant une relation sexuelle avec un homme beaucoup plus jeune, l’éromène

Et c’est là que le débat avait lieu d’être ! Non pas sur l’homosexualité potentielle d’Achille, mais sur la question de qui ( se la prenait dans le fion) faisait quoi .

Pour que vous n’ayez pas à passer des heures sur internet à chercher des infos en vrac, voici un court résumé du débat à travers les siècles:

 Homère : rien de clair quant à leur relation, juste quelques petits indices comme le nom utilisé pour qualifié Patrocle ( Hetaîros: compagnon d’un chef, ami intime ou encore amant), la réaction d’Achille à la mort de Patrocle et l’organisation de ludus en son honneur, ou le fait que les deux soient enterrés ensemble.

Eschyle et Eschine : Ils étaient amoureux et Achilles était l’Eraste

Platon : Ils étaient amoureux mais c’est Patrocle qui était l’Eraste

Alexandre le grand et Hephaestion : REGARDEZ NOUS ! Regardez notre amour ! Hephaestionest comme Patrocle, donc Patrocle était l’éromène !

Ce débat fut clos bien des années plus tard par l’historien Bernard Sergent qui, en étudiant moultes textes et récits, en vint à la conclusion que Patrocle et Achille n’avaient pas une relation pédérastique, mais étaient deux jeunes gens amoureux du même âge.

Si le sujet vous intéresse mais que vos profs ne vous conseille que de lire l’Illiade, et bien de mon côté, je vous recommande une réécriture très fiable, qui a mis plus de 10 ans à être écrite par une auteur fantastique et remet ce mythe incroyable au goût du jour:
Le chant d’Achille de Madeline Miller

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Je le reconnaîtrais rien qu’au toucher, ou à son odeur, je le reconnaîtrais si j’étais aveugle, aux seuls bruits de sa respiration et de ses pas martelant le sol. Je le reconnaîtrais dans la mort, à la fin du monde.