Celle dont j’ai toujours rêvé de Meredith Russo

Pour la semaine de la Saint-Valentin, on a décidé de vous faire une série d’articles autour livres/films/fanfiction/série/… LGBTQA+ pour changer un peu des romances habituelles et mettre en avant une cause qui nous tient à cœur.

Camisole de mots vous a parlé de Queer as folk : Queer as folk (US)

Lizgyrie de Carmilla : Carmilla

Et Winky de fanfiction Harry Potter : Les fanfictions d’un autre genre.

Et aujourd’hui on parle d’une sortie très récente, il s’agit de Celle dont j’ai toujours rêvé de Meredith Russo.

9782266270106
Edition Pocket Jeunesse, 320 pages, 17€90

« Amanda Hardy arrive dans un nouveau lycée. Comme beaucoup, elle souhaite avant tout s’intégrer. Mais malgré sa popularité, un secret l’empêche de s’ouvrir aux autres. Sa rencontre avec Grant remet tout en question. Il est le premier garçon qui parvient à lui faire baisser sa garde. Amanda comprend que pour être heureuse, elle doit se révéler, au risque de tout perdre. Car le secret d’Amanda c’est qu’avant, elle s’appelait Andrew.

Celle dont j’ai toujours rêvé est un récit universel et une fantastique histoire d’amour. »

Pour l’anecdote, j’ai lu ce livre en anglais (sous le titre If I was your girl si jamais vous preféreriez le lire en VO) il y a maintenant quelques semaines. Quand je l’ai terminé, je me suis dit : « Ce livre doit être traduit en français, je veux que plus de lecteurs puissent y accéder ». Et là, j’ouvre instagram et je tombe sur ça :

wp-1487249370241.png
*danse de la joie derrière son portable*

Bref, tout ça pour dire que depuis le 2 février vous pouvez lire ce livre en français 🙂

Je suis pas du tout une fan de romance, genre vraiment pas du tout. Mais là j’ai adoré ! J’ai trouvé que cette histoire était réaliste, ce qui manque 90% du temps à ce genre selon moi. Je ne m’attache pas très facilement aux personnages habituellement mais là ça a pris tout de suite, j’ai très vite ressenti une immense empathie pour Amanda.

J’ai aimé que l’héroïne soit transsexuelle mais que ça ne soit pas le sujet principal du roman. Evidemment ça a tout de même une importance fondamentale, mais ici on suit un personnage qui a le corps qui correspond désormais à son genre, et comment faire pour s’adapter et vivre un vie plus tranquille après le harcèlement, une tentative de suicide, et une bonne grosse dose de mal-être. Alors qu’Amanda veut juste terminer le lycée dans son coin, alors qu’elle ne cherche qu’à passer inaperçue, elle va se rendre compte qu’elle peut se faire des amies et même commencer une relation avec un jeune homme. Ces changements sont énormes pour elle, et j’ai aimé que l’auteur ne le nie pas. C’est une chose réussite ici, qui est quelque chose d’assez important pour moi : la psychologie des personnages tient debout. D’ailleurs je n’ai parlé que d’Amanda mais les autres sont géniaux aussi ! Que ce soit ses amies qui ont chacune leurs fardeaux, leurs secrets, ou ses parents qui ont du mal à gérer tout ça.

Le livre s’articule autour de chapitres où l’on suit Amanda, dans une nouvelle ville, un nouveau lycée, une nouvelle vie, et des flash-back qui nous permette de découvrir son passé et de justifier ses réactions au présent. C’est un format assez classique, mais c’est judicieux, ça marche bien.

Un point qui plaira à certains et qui en décevra d’autres, qui me laisse personnellement un peu mitigée, c’est que l’auteure va droit à but, elle fait très peu de descriptions, elle est assez factuelle. J’aime bien les descriptions généralement, mais ici ça allège le récit, et cette concision participe peut-être à sa puissance.

Je me suis fait la réflexion quelques fois pendant ma lecture, que certaines choses me semblaient parfois un peu simplistes ou peu plausibles. Et effectivement, à la fin, l’auteure fait un post-scriptum, enfin deux à vrai dire, un plutôt destiné à ses lecteurs cisgenres, l’autre à ses lecteurs transsexuels. Elle y explique qu’elle a parfois mise de côté certaines choses pour servir  l’histoire, par exemple, les parents d’Amanda n’auraient jamais pu lui payer son opération avec le système de santé américain. En bref, elle nuance son roman, et précise bien qu’en aucun cas l’histoire d’Amanda n’est universelle.

Rien à voir avec le roman en lui même, mais ce livre est ce que appelle en anglais un roman own voice, c’est à dire qu’il parle d’un personnage trans, écrit par une auteure trans. On est d’accord, il n’est pas nécessaire d’être ce qu’on écrit, sinon on ne ferait pas des romans mais des autobiographies. Mais je pense qu’il est aussi important de lire des livres avec des personnages plus diversifiés, il n’y a aucune raison qu’ils soient quasiment tous blancs, hétéro, cizgenre, ect ,  et parce qu’après tout ce sont les gens concernés par des inégalités qui sont le mieux placés pour en parler, il faut leur laisser une chance, les écouter. Une autre très bonne chose, c’est que PKJ ait gardé la couverture US, sur laquelle la mannequin est également trans, ce qui était quand même le minimum, si l’on voulait garder un peu de cohérence dans ce processus.

Ce n’est pas un roman qui vous fera rire aux éclats, ni frisonner de peur, ni vous faire tourner les pages frénétiquement en vue de la prochaine action, du prochain drama, mais il vous fera réfléchir, ressentir de l’empathie. J’ai adoré ce livre, et je pense qu’il peut plaire à beaucoup de gens pour son réalisme, sa tolérance, son respect.

Je vous laisse là dessus, à la prochaine et d’ici là, bonne lecture !

Carla BlackCat

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s