Carmilla

On pense souvent, à tord, que le premier grand récit de vampire est Dracula (RIP Motivation de lecture des chimères). De un, c’est faux. De deux, la vérité est bien plus compliquée que ça.

Le premier « roman »à paraître est en fait Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu, une nouvelle d’une centaine de page publiée périodiquement dans un magazine littéraire anglais entre 1871 et 1872. Cependant il existait quand même d’autres traces du mythe vampirique, que ce soit dans les légendes, chansons, poésies ou encore dans des traités d’apparition (le fun donc.)

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Déjà, niveau illustrations, même originelles, ça pose ses couilles sur la table.

Mais toujours est-il que si on veut vraiment pinailler, oui, Carmilla est le premier récit romanesque de vampire. Alors pourquoi est-il moins connu que Dracula alors qu’il fut écrit presque 27 ans avant, et l’a, sans nul doute, inspiré ? Et bien mes chers petits, pour la même raison qui m’a poussée à publier cette chronique aujourd’hui, 14 février, pour la semaine LGBT. Faut dire qu’au XIXe siècle, c’était pas folichon folichon d’écrire sur des homos…

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Tant d’hétérosexualité en elle.

Bref, vous vous demandez surement de quoi parle cette histoire. Pour faire très bref et en tentant de minimiser les spoilers : Laura, une jeune fille de bonne famille, vit isolée en Styrie dans une espèce de château, avec pour seuls amis son père, sa gouvernante, la cuisinière, et des arbres. Ambiance donc. Sauf qu’un jour, une calèche se renverse. Les passagères, une mère et sa fille, Carmilla, sont miraculeusement indemne, bien que la plus jeune soit secouée. Quoi de plus normal alors, venant de la mère, que de l’abandonner aux bons soins de ces gens qu’elle vient à peine de rencontrer alors qu’elle part chercher un nouvel attelage?  Toujours est-il que, durant la convalescence de Carmilla, Laura et elle se lient d’amitié, alors qu’une mystérieuse maladie fait rage dans le pays et pourrait bien contaminer Laura.

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Carmilla aux éditions Soleil dans la collection métamorphose, illustré par Mazzanti

 Cette nouvelle pose les bases de ce qui deviendront les caractéristiques associées aux vampires : la beauté, la sensualité et surtout l’emprise psychologique du suceur de sang.

Mais plus que ces aspects, qui seront vite repris par les successeurs de Le Fanu, il induit l’homosexualité de ses personnages. Bien que pour notre époque cela puisse paraître très léger et subtil, Carmilla marquera le lancement de la formule d’une vampire lesbienne  tombant amoureuse de sa proie, une jeune fille belle et naïve, souvent la narratrice de l’histoire, un fil rouge très utilisé au XXe siècle.

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Ce qui m’a personnellement plu dans cette histoire, en plus de l’écriture fantastique (qui même en étant victorienne reste très accessible) et du thème qui, de base me parlait beaucoup, c’est le traitement du vampire.  Loin d’être un monstre dénué de sentiments, elle est, en dehors de sa petite habitude à ouvrir la gorge de ses potes, humaine.

C’est une nouvelle que je conseille vraiment à ceux qui recherchent quelque chose d’un peu original, mais si le côté daté de l’œuvre vous rebute un peu, il y a une web série Carmilla qui, loin de reprendre l’œuvre mot à mot, la modernise et l’étoffe énormément.

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