Le Diable et le Bon Dieu – Sartre

Folio, 252 pages, environ 6,50 euros

Le Diable et le Bon Dieu est une pièce de théâtre publiée en 1951 par Jean-Paul Sartre. On y suit les personnages de Gœtz, un bâtard d’une famille noble, Nasty, un boulanger-prophète qui se bat pour renverser la bourgeoisie et améliorer la vie des pauvres, Heinrich, un curé proche des pauvres ainsi que deux personnages féminins d’importance : Catherine et Hilda. La pièce se déroule en Allemagne, au XVI ème siècle lors de la révolte paysanne contre l’Eglise. A portée philosophique, elle tente de répondre à la question “ Le Bien est-il possible ?”.

Avec les pièces de théâtre j’ai toujours du mal à comprendre les relations entre les personnages, je situe difficilement qui est qui. Si le début peut vous sembler ardu, les éléments vont s’assembler peu à peu, pas besoin de préparer une feuille de note pour faire des schémas compliqués, il vous seront vite inutiles. (Vous sentez le vécu dans cette phrase ? Je ne vous donnerai pas tort.)

Bien que se ne soit pas flagrant, ce livre à des aspects assez comiques. Sans pour autant vous faire rire aux éclats, il pourra vous faire sourire. L’écriture est très agréable à lire, très belle sans pour autant être prise de tête, incisive sans être brutal ou trop direct. Et j’aurais vraiment pas aimé me retrouvé dans un débat houleux avec Sartre, il ne manque pas d’inspiration pour les punchlines élégantes.

L’auteur soulève ici beaucoup de questions assez intéressantes. Par exemple le personnage de Nasty évoque la lutte des classes, il désire l’égalité entre tous les hommes, et pour cela seule la lutte armée le permettra. Néanmoins le cours des événements fait qu’il agit peu selon ses principes car la révolte doit attendre sept ans, pour qu’ensuite une ère de Bien puisse s’installer sur la Terre. Oui, bon dans la pièce c’est beaucoup plus naturel, et moins perché mais dans le fond c’est ça. Si on occulte la partie religieuse ça ne vous fait pas penser à certaines branches du communisme par hasard ?

Il y a également une forte critique de l’Eglise : d’abord par le personnage de l’Eveque, puis par les vendeurs d’indulgence, la création du village parfait (vous voyez les sectes avec un gourou et tout le monde qui est content ? C’est exactement ça dans la pièce) et par la plupart des réflexions sur le Bien et le Mal où Dieu est omniprésent. Et il en prend pour son grade.

Les changements d’états d’esprit et les désillusions de Gœtz sont tout l’intérêt de la pièce. Mieux vaut être craint en faisant le Mal ou aimé en faisait le Bien ? Peut on même ne pas être aimé en faisait le bien ? C’est un personnage que j’ai trouvé excellent par sa psychologie, même si ses actes changent radicalement dans les trois actes, son but reste le même : être spécial au point d’attirer l’attention du Ciel.

Qu’importe d’ailleurs : monstre ou saint, je m’en foutais, je voulais être inhumain.

Parlons du sujet qui fâche : les personnages féminins. Dans le premier acte, où Gœtz est le pire salopard, pas moyen de le dire autrement, il traîne Catherine plus bas que terre, il la viole, l’humilie, et manque de peu de la marier de force après que toute l’armée lui soit passé dessus. Et dans le deuxième acte elle meurt de chagrin d’amour. Mais de qui pouvait-elle donc être amoureuse ? De Gœtz. Oui, oui, vraiment. Alors non, ça ne passe pas avec moi. Glamouriser (ce mot ne colle pas vraiment à Sartre mais vous saisissez l’idée) contribue à la culpabilisation des victimes et à la culture du viol. Mais je vous laisse cet article de Madmoizelle qui vous expliquera ça plus longuement et sûrement mieux que moi si le sujet vous intéresse. http://www.madmoizelle.com/je-veux-comprendre-culture-du-viol-123377

En ce qui concerne Hilda je n’ai pas du tout compris le retournement de situation. A ses yeux Gœtz l’a violé pendant cinq nuits, bon ok c’était un rêve mais si c’est comme ça qu’elle l’a ressentie ça à quand même une certaine importance psychologique, il lui a prit le peu qu’elle avait, c’est à dire l’amour des autres paysans. Et devinez quoi ? Elle en tombe amoureuse ! Soit les femmes me sont devenues une espèce étrange et mystérieuse soit Sartre a un peu déconné pour le coup. On est d’accord que les idées féministes en 1951 n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui mais là c’est plus une question de bon sens que de point de vue. De plus le fait qu’elles tombent amoureuses n’apporte absolument rien à la pièce.

La fin et la morale sont parfaites à mon sens, je regrette simplement une dernière phrase plus mémorable et grandiose.

Malgré mon problème de personnages féminins j’ai adoré ma lecture. Un classique qui reste abordable à découvrir somme toute !

Je vous laisse ici les citations qui m’ont plu !

Une victoire racontée en détail, on ne sait plus ce qui la distingue d’une défaite.

Vous êtes tous les mêmes, vous les réalistes : quand vous ne savez plus que dire, c’est le langage des idéalistes que vous empruntez.

Quelquefois, j’imagine l’Enfer comme un désert qui n’attend que moi.

Parce qu’il suffit qu’un seul homme en haïsse un autre pour que la haine gagne de proche en proche l’humanité entière.

N’est-ce pas une guerre sainte que celle des esclaves qui veulent devenir des hommes ?

Mais je n’ai pas envie du tout qu’Il me pardonne. La Damnation a ses bons côtés, le tout est de s’y faire. Je m’y suis fait. Je ne suis pas encore en Enfer et j’y ai déjà mes petites habitudes.

Bonne lecture et à la prochaine !

– Carla BlackCat

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Une chimère au Zoo d’Amnéville

Bonsoir cher lecteur, aujourd’hui je vais vous présenter un article un peu spécial où il y aura plus de photos que de blabla, pour me changer ! Moi grande pipelette renommée, je vais attacher mes mains loin du clavier pour vous présenter une journée assez spéciale. En effet, mi-juin je suis allée au zoo d’Amnéville pour la première fois et j’ai adoré ! J’ai pu voir des animaux impressionnants et particuliers que je n’aurais jamais vu si les zoos n’existaient pas. Les animaux me semblaient être en grande forme et je me suis même demandée si ce n’était pas le jour hebdomadaire de la sieste…

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Evie Offline – Elyssa Friedland

Coucou vous tous ! Je vous retrouve aujourd’hui pour mon second article « bouquin »car depuis le début je n’ai chroniqué qu’un livre, le reste de mes articles étant sur des films, des jeux etc.. Cette fois-ci j’ai donc décidé de vous parler de Evie Offline par Elyssa Friedland, un livre que j’avais dans ma wish list et que j’avais hâte de me procurer et de lire, ce qui est à présent chose faite.

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La Sélection, tome 1 – Kiera Cass

Bonjour à tous ! Vous avez déjà entendu parler de cette saga sur la blogosphère, les chaînes Youtube ou encore sur les sites tels que Livraddict. Voici un avis négatif – mais pas trop – sur ce merveilleux livre qu’est le tome 1 de la Sélection.

Je tiens à faire un petit coucou à Julie, NaNou, Noémie et Johanna avec qui j’ai réalisé cette lecture commune ! (Leur première ! :p)

Noté 17/20 sur Livraddict (oui c’est mon site de prédilection), je commence la lecture avec une certaine appréhension : j’avais trouvé ce livre d’occasion et même si le résumé ne m’enchantais pas trop, je voulais me faire mon propre avis. Et bah je n’est pas été déçue du voyage!

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Elles sont trente-cinq jeunes filles : la Sélection s’annonce comme l’opportunité de leur vie. L’unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre un monde de paillettes. L’unique occasion d’habiter dans un palais et de conquérir le coeur du prince Maxon, l’héritier du trône. Mais pour America Singer, cette sélection relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure. Quitter sa famille. Entrer dans une compétition sans merci. Vivre jour et nuit sous l’oeil des caméras… Puis America rencontre le Prince. Et tous les plans qu’elle avait échafaudés s’en trouvent bouleversés…
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La boîte magique d’Houdini – Brian Selznick

Bonjour à tous ! Aujourd’hui je vous présente un livre d’un de mes auteurs favoris : Brian Selznick. Je vous présenterais ses autres livres dans d’autres chroniques ! Je commence donc par son premier livre, qui vient seulement d’être traduit en français :

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112 pages

Victor rêve de devenir un magicien ! Il s’entraîne sans relâche chez lui à reproduire les tours d’Harry Houdini, le célèbre magicien. En vain ! Le petit garçon n’arrive pas à traverser un mur de briques en fonçant tête la première, ou encore à s’échapper en vingt secondes de la malle de sa grand-mère dans laquelle il s’est enfermé ! Jusqu’au jour où Victor croise Harry Houdini et sa femme sur le quai d’une gare. Il saisit l’occasion pour lui poser mille questions afin de découvrir ses secrets… Houdini ne dit mot mais promet de lui écrire bientôt…

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Memorex de Cindy Van Wilder

« Pensez-vous que prendre la vie de quelqu’un soit le crime le plus absolu qu’un être humain puisse commettre ? Vous auriez raison de le croire.
Le meurtre est terrifiant. Monstrueux. Un geste tellement sacrilège que l’on se hâte de placer le coupable derrière les barreaux pour qu’il ne puisse plus jamais nuire, quant on applique pas la loi du talion, exigeant le prix du sang versé.
Malheureusement pour moi, j’ai découvert qu’il y avait pire qu’un meurtre.
Un acte qui défie toute logique.
Toute humanité. »

***

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Auteur:
 Cindy Van Wilder
Date de parution: 6 mai 2016
Nombre de pages: 403 pages
Éditeur: Gulf Stream Éditeur

Collection: Électrogène

Quatrième de couverture : 

2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l’île familiale. Un an qu’Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s’est muré dans une indifférence qui la fait souffrir. Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l’île : c’est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au coeur de l’énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoitises de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.

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Orgueil et préjugés sous toutes ses formes

De temps en temps ça fait du bien de s’attaquer à un classique. Alors aujourd’hui je vous amène sur une romance qui traverse les âges et les époques depuis maintenant 1813: Orgueil et préjugés de Jane AUSTEN.

Fort de son succès, plusieurs déclinaisons ont été faite. Je vous propose donc de partager avec moi les différentes adaptations que j’ai découverte !

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Cinder de Marissa Meyer 

Bonjour, bonsoir à toutes et à tous !

Aujourd’hui une nouvelle critique sur un nouveau livre.

img_1928Je vais commencer par la couverture, qui est juste sublime ! Il en existe plusieurs, selon l’édition que vous choisirez, mais j’ai vu qu’elles sont toutes aussi magnifiques, les unes que les autres.


Résumé

Humains et androïdes cohabitent tant bien que mal dans la ville de New Beijing. Une terrible épidémie ravagé la population. Depuis l’Espace, un peuple sans pitié attend son heure… 

Personne n’imagine que le salut de la planète Terre repose sur Cinder, brimée par son horrible belle-mère. Car la jeune-fille, simple mécanicienne mi-humaine, mi- ciborg, détient sans le savoir un secret incroyable, un secret pour lequel certains seraient prêts à tuer…  Lire la suite